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Stratégie nationale de santé. Et de sécurité sociale ?

Le premier ministre vient de prononcer un discours sur la stratégie nationale de santé. Elle suppose une détermination plus grande que celle qui a buté sur les dépassements d’honoraires ou sur les inégalités territoriales de santé. Mais c’est plus globalement la sécurité sociale qui requiert un horizon politique et une stratégie nationale.

A Grenoble, le 8 février, Jean-Marc Ayrault confirme une « stratégie nationale de santé » et déclare : « Nous avons une obligation de résultat, il faudra plusieurs années pour mener à bien ce vaste chantier ». La ministre de la santé en avait communiqué en conseil des ministres les objectifs appuyés sur un constat sévère : « un système trop cloisonné, imparfaitement articulé au secteur social, se traduisant par des pertes de chance pour les patients … ».

Tant les constats que les axes d’action sont déjà connus et reconnus. Bien intentionnés, bien exprimés, ils ont toujours buté sur le changement des réalités et des pratiques. Le gouvernement gage son crédit sur les « premières mesures » prises. Elles sont trop limitées : contrainte minimale sur les dépassements d’honoraires, extension de la complémentaire santé circonscrite à l’entreprise … Les obstacles se sont avivés : défaillance de la permanence des soins en ville engorgeant les urgences à l’hôpital, inégalités sociales et territoriales d’accès aux soins, résistance de la médecine libérale à l’organisation publique des soins (installation, conventionnement, rémunération). La Cour des comptes pointe que le parcours de soins coordonnés est « une réforme toujours inaboutie ». Les « déserts médicaux » demeurent sans solution globale. Le curatif prime le préventif. Ce « vaste chantier » appelle une forte politique.

Mais les enjeux de l’heure ne s’arrêtent pas à la santé. Un quotidien (*) titrait récemment « La bombe à retardement des dépenses sociales : famille, chômage, retraite, maladie ». Un responsable socialiste (**) affirme « il faut engager un débat sur la protection sociale de manière globale …les exigences de la population ne sont pas les mêmes qu’en 1945 ». La sécurité sociale fut une réponse de société globale, on ne peut aujourd’hui tracer son avenir pièce à pièce comme un puzzle.

Jean-Michel LAXALT

Président de l’Institut Montparnasse

*  Le Monde daté du 30 janvier 2013
** Pascal Terrasse secrétaire national du PS en charge de la protection sociale (AEF-11 janvier 2013)