Discours du Président de la République au Congrès de la Mutualité Française

Quelle politique de santé ? Quelles priorités ? Quel calendrier ? Le Président de la République François Hollande était attendu sur ces thèmes par les mutualistes et par les observateurs avisés.

Il a jeté un regard cru sur les réalités : « Des progrès majeurs ont été accomplis…mais ces bons résultats cachent de profondes inégalités…Nos dépenses de santé sont parmi les plus élevées et dans le même temps les niveaux de prise en charge par l’assurance maladie ont régressé…Durant la dernière décennie les assurés sociaux ont été largement mis à contribution ; bref, le déremboursement comme mode de dérégulation… ».

Il a affirmé des principes forts : « La protection sociale, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. J’ai la volonté de faire de mon mandat une solidarité. J’en appelle à une politique de solidarité et de santé publique ». Et d’énoncer ses priorités : « Ma première priorité c’est l’accès aux soins. Le risque c’est le marché. La liberté du marché c’est la privatisation. Je propose de généraliser, à l’horizon 2017, l’accès à une couverture complémentaire de qualité ». « Ma seconde priorité, moderniser notre organisation de santé… le gouvernement présentera une loi de santé publique avec des objectifs, des moyens et des budgets et notamment une grande obligation de la prévention, l’année prochaine ». Autres axes d’action : la recherche médicale et la démocratie sanitaire. Il a valorisé la santé : « la santé c’est un investissement…c’est aussi un secteur d’innovation…la santé est également créatrice d’emplois La santé se situe au croisement de deux impératifs du redressement : la compétitivité et la solidarité».

Le Président de la République a plaidé pour la réorganisation du système de santé. « Aucun français ne doit se trouver à plus de 30 minutes de soins d’urgence…Faire jouer pleinement à l’hôpital son rôle…La médecine de proximité doit également se structurer…Assurer la pleine reconnaissance du médecin traitant, à cette fin une généralisation du système des forfaits.. Il n’y a pas de prise en charge suffisante des risques liés au travail, à la précarité, à l’environnement, à l’alimentation…l’essentiel c’est d’aller vers les jeunes pour éviter certains comportements je pense à l’obésité, je pense aux addictions, aux suicides des jeunes…». Il a soutenu « une médecine de parcours tout au long de la vie qui repose sur de nouveaux modes d’organisation, plus coopératifs ».

Sa méthode sera douce : « Je préfère l’incitation à l’obligation (assurance complémentaire)…il vaut mieux toujours un bon accord qu’une loi incertaine (dépassements d’honoraires) je ne crois pas à la coercition, à l’obligation qui ne créerait que des conflits sans fin je pense au contraire à la belle idée de mobilisation générale (restructuration de la médecine ambulatoire)  ».

François Hollande s’est adressé à la Mutualité : « La Mutualité s’inscrit dans l’histoire même de la République, c’est une institution de la République » ( !) Il lui a proposé « d’ouvrir un chantier : la couverture maladie complémentaire avec la révision de la fiscalité des assurances complémentaires, ce chantier pourrait aboutir dès l’année prochaine ».